Comment nous produisons une étude
Les sources, ce qu'elles contiennent, ce qu'elles taisent, et le temps qu'il faut pour mesurer un marché.
Deux registres par pays
Un marché public laisse deux traces : l'avis qui l'annonce, et l'attribution qui dit qui l'a emporté et à quel prix. Selon le pays, ces traces vivent dans un registre national, au Journal officiel de l'Union européenne (TED), ou dans les deux.
TED ne publie que ce qui dépasse les seuils européens. En dessous de ces seuils — la plus grande partie des marchés en nombre — seul le registre national existe. Nous lisons les deux quand les deux existent.
Pourquoi certains pays ont moins de données
Trois raisons, et aucune n'est un défaut de collecte de notre part.
Le registre est récent. Un pays qui a ouvert son portail en 2022 n'a pas d'historique avant 2022. Personne ne peut le fabriquer.
Le pays ne publie qu'un seul côté. La Roumanie, le Portugal et la Lituanie publient les contrats attribués, pas les avis d'appel à concurrence. Les Pays-Bas, la Bulgarie et la Slovaquie font l'inverse. Ce n'est pas un trou dans nos données, c'est la source.
Les premières années sont éparses. Beaucoup de registres portent quelques enregistrements isolés bien avant leur mise en service réelle — la Lituanie en a un daté de 1990. Nous distinguons donc la première donnée trouvée de l'année où la couverture devient continue, et nous n'annonçons que la seconde.
Ce que nous faisons des données brutes
Un registre n'est pas une base propre. Un même acheteur y apparaît sous cinq orthographes, un montant est parfois saisi en centimes, un lot est republié trois fois, un code de nomenclature manque.
Avant toute mesure : les noms d'acheteurs et de titulaires sont normalisés, les lots d'un même dossier regroupés, les valeurs aberrantes écartées, les codes CPV rattachés à leur intitulé. Ce travail est ingrat et c'est lui qui décide de la justesse du résultat.
Mesurer un marché en direct demande du temps
C'est le point le plus souvent mal compris. Un historique se lit immédiatement : les données sont déjà là. Mais mesurer la demande d'aujourd'hui — ce que votre marché pèse en ce moment, et non il y a trois ans — suppose de laisser s'écouler une période d'observation à partir du lancement de l'étude.
Sa durée dépend du secteur et de l'entreprise. Un métier où les acheteurs publient chaque semaine se mesure en quelques semaines. Un métier où trois marchés sortent par an demande plusieurs mois : sur une fenêtre plus courte, un seul appel d'offres décalé de quinze jours fait varier le résultat du simple au double.
Nous fixons cette fenêtre avec vous au moment du cadrage, et nous vous disons ce qu'elle permet de conclure — et ce qu'elle ne permet pas.
Ce que nous n'inventons pas
Quand une donnée n'existe pas, elle est marquée absente, jamais estimée. Un volume inconnu s'affiche « — ». Une couverture partielle est annoncée comme partielle. Un chiffre que nous publions doit pouvoir être retrouvé dans le registre d'origine.
La première étude est offerte.
Les suivantes sur devis — le prix est annoncé avant de commencer.