Quiconque cherche des marchés publics en Belgique tombe sur deux noms : le Bulletin des Adjudications et BOSA e-Procurement. On les confond souvent. Cet article explique qui publie quoi, et surtout ce qu'un avis belge contient réellement — mesuré sur les 136 874 lots attribués en 2024 et 2025.

Qui publie quoi

BOSA est le SPF Stratégie et Appui, l'administration fédérale qui opère la plateforme e-Procurement. C'est par elle que les acheteurs publics belges déposent leurs avis et que les entreprises remettent leurs offres électroniques.

Le Bulletin des Adjudications (BDA) est le journal officiel où ces avis paraissent. Deux types principaux : l'avis de marché, qui ouvre la mise en concurrence, et l'avis d'attribution, qui désigne le titulaire une fois le marché conclu.

Au-dessus des seuils européens, les marchés partent en outre au Journal officiel de l'Union européenne, via la base TED. La consultation est publique et gratuite dans tous les cas.

eForms : pourquoi 2023 change tout

Depuis le passage au standard européen eForms, un avis n'est plus un document en texte libre mais un enregistrement structuré, champ par champ : acheteur, code CPV, lieu, échéances, procédure, critères, montants. C'est ce qui rend possible toute analyse statistique de la commande publique — et c'est aussi pourquoi les séries de données belges antérieures à cette date sont beaucoup moins exploitables.

Structuré ne veut pas dire rempli

C'est le point que personne n'annonce. Le format prévoit des dizaines de champs ; les acheteurs n'en remplissent qu'une poignée. Sur les avis que nous analysons quotidiennement :

Conséquence pratique : filtrer sur les seules colonnes structurées vous fait passer à côté de marchés qui vous vont, simplement parce que l'acheteur n'a pas rempli les cases.

L'information est souvent là, ailleurs dans l'avis

Ce qui manque dans les colonnes se trouve fréquemment dans les blocs XML bruts du même avis : la période d'exécution et les reconductions, les critères d'attribution avec leur pondération et leur formule de calcul, les critères de sélection rédigés, les documents attendus. Ces blocs sont publics, mais peu de lecteurs les ouvrent — et aucune interface de consultation ne les met en avant.

À cela s'ajoute le cahier spécial des charges, joint à l'avis quand l'acheteur publie via la plateforme fédérale. C'est le document qui dit vraiment ce qui est demandé ; l'avis n'en est que la vitrine.

Trois pièges de lecture

  1. Le code CPV est publié sans son libellé. Un avis affiche 90900000 et rien d'autre : sans nomenclature sous la main, le code ne veut rien dire.
  2. Toutes les échéances ne sont pas des dates de dépôt. Une partie des avis ne publient que la date limite de demande de participation ; la prendre pour la date de remise d'offre fait croire qu'on peut encore soumissionner.
  3. Un plafond de dépense n'est pas une estimation. Le montant maximal d'un accord-cadre décrit une enveloppe, pas le prix attendu d'une prestation.

Ces trois lectures fausses ne viennent pas des acheteurs : elles viennent de la façon dont l'avis est présenté. Les connaître suffit à les éviter.